bulletin 1°partie



La saison apicole est différent Chaque année et nous sommes parfois surpris par la vitesse de développement des colonies ou par l'importances des récoltes durant les périodes propices à la production de miel. on peut également s'interroger sur les mécanismes impliqués dans le passage des abeilles d'été aux abeilles d'hiver. Aujourd'hui, de nouvelles études scientifiques ont mis en lumière ces mécanismes d’adaptation des abeilles à leurs conditions environnementales et l'impact que peuvent avoir certaines perturbations sur leur comportement. Cela nous permet de mieux comprendre l'influence de l'environnement (climat, flore, pesticides) sur leur cycle logique.

L'importance du pollen

Quel est donc cet élément qui va lancer la saison apicole et donner un coup d'accélération au développement du couvain ? La ponte de la reine est intimement liée à la durée du jour et elle peut reprendre dès que les jours rallongent, tout en restant limitée. Ce qui va permettre son développement vient des nouveaux apports de pollen. 

Le pollen constitue l'aliment de base de La colonie car c'est la source d'acides aminés, de protéines (essentielles à la construction cellulaire), de lipides (stérols...), de minéraux et de vitamines. Avec L'aide de micro biotes commensaux, Les abeilles le transforment en pain d'abeilles, ce qui leur assure un apport de nouveaux éléments qu'elles ne peuvent produire elles-mêmes. 

Mais l'alimentation nécessaire à la reine et aux autres abeilles nécessite encore plusieurs transformations, notamment la production de vitellogénine(1) dans leurs corps gras. Cette protéine essentielle va elle-même intervenir avec d'autres éléments (sucres...) dans la sécrétion de la gelée royale produite par les glandes hypopharyngienne. Insignifiante au départ, La production de vitel­logénine par les jeunes abeilles augmente rapidement après deux à trois jours pour atteindre un pic entre cinq et quinze jours (stade nourrice). Ce cycle correspond à celui de la production de gelée royale dont toutes les abeilles (larves et adultes) ont besoin. 

 Saviez-vous qu'en une nuit, cent nourrices peuvent alimenter en gelée 16 % de l'ensemble des abeilles et que 25 % de la gelée est donnée aux adultes, principalement aux butineuses? La vitellogénine est véhiculée dans leur hémolymphe et, si elle n'est pas utilisée, elle peut être stockée dans leurs corps gras et leurs ovaires. Elle  joue un rôle essentiel dans la ruche en tant que précurseur du vitellus, elle peut changer la physiologie, le comportement, la longévité, le système immunitaire (effet bactéricide) des abeilles. On va ainsi la retrouver dans tous les éléments clés de l'abeille : corps gras, hémolymphe, ovaires, glandes hypo pharyngiennes, cerveau.

Au début du printemps, avec la reprise de la ponte, la présence de larves à nourrir qui émettent la phéromone du couvain va provoquer une mobilisation de la vitello­génine présente dans les corps gras des abeilles pour leur permettre d'alimenter le couvain. En présence des phéromones du couvain, les abeilles disponibles vont être incitées à récolter du pollen. Tout ceci va avoir pour effet de permettre une relance réelle de la ponte et une mobilisation générale des abeilles pour nourrir le couvain ou pour aller récolter du pollen. 

Dès que les premières abeilles seront nées, les tâches de nettoyage des cellules vont leur laisser le temps d'assimiler le pollen ingéré, de développer ainsi leurs glandes hypo pharyngiennes et d'assurer la maturation de leurs muscles alaires. Dès qu'elles seront capables de produire de la gelée royale, elles vont progressivement remplacer les abeilles d'hiver et nourrir à leur tour le couvain. Plus efficaces dans cette activité, elles vont permettre une accélération de La ponte et un nouveau développement du couvain. La croissance devient alors pratiquement exponentielle.
              Le développement
En naissant, les nouvelles générations vont pousser les vieilles nourrices vers la périphérie. On va ainsi trouver une masse d'abeilles d'âge intermédiaire prêtes à assumer des tâches en fonction des besoins de la colonie. Ecartées de l'influence de la phéromone du couvain, elles peuvent s'orienter vers d'autres tâches. Bon nombre d'entre elles vont décharger les butineuses de leurs apports en nectar. 
En règle générale, les abeilles vont avoir tendance à placer le nectar au-dessus du nid à couvain après avoir traversé celui-ci et alimenté toutes les abeilles qui en ont fait la demande. Lorsqu'elles ne trouvent plus de place pour stocker le nectar restant, elles le conservent dans leur jabot, ce qui va déclencher le développement de leurs glandes cirières et la production d'écailles de cire. C'est à ce moment qu'on voit la tête des cadres blanchir. C'est l'indication évidente d'un manque de place. La colonie vit à ce moment dans l'abondance avec de très nombreuses nourrices. 
C'est alors que le couvain de mâles va pouvoir à son tour se développer. Les mâles demandent beaucoup de gelée, que ce soit au stade larvaire ou pour permettre un bon développement de leur capacité de vol et de reproduction (glandes à mucus).  Pour mieux comprendre comment fonctionne une colonie, il faut savoir que les abeilles ne deviennent pas automatiquement butineuses à un certain âge comme on pourrait le croire et l'entendre par la notion de « polyéthisme d'âge ». Heureusement qu'il n'en est pas ainsi car, une fois qu'elles atteignent ce stade, leur nombre de jours est compté (en moyenne 6,8 jours de butinage et maximum 10 jours). Elles ne 
deviennent butineuses que si elles ne sont plus assez nombreuses pour couvrir les besoins de la colonie. Chaque butineuse produit dans son jabot une phéromone (l'oléate d'éthyle) qui inhibe Le passage au stade de butineuse des abeilles d'âge intermédiaire. Cette phéromone se transmet par trophallaxie Lors de l'apport de nectar.  
a suivre